Secret de la confession : l’État veut-il vraiment protéger les enfants ?

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Secret de la confession : l’État veut-il vraiment protéger les enfants ?

Par Doron Parker

La proposition de loi visant à lever le secret de la confession pour les affaires de pédocriminalité a au moins un mérite : elle pose une question que nous préférons habituellement éviter. Jusqu’où l’État peut-il s’immiscer dans le for intérieur pour protéger les plus faibles ? Et, plus embarrassante encore, pourquoi s’en prend-il à l’Église quand ses propres services sont submergés par des signalements qu’ils ne traitent pas ?

Car c’est bien là le cœur du problème. Chaque année, des milliers d’enfants sont victimes de violences sexuelles. Des signalements sont faits — à l’école, à l’hôpital, aux services sociaux. Et chaque année, des dossiers s’empilent sans suite, faute d’enquêteurs, faute de moyens, faute de volonté politique. Nous voulons contraindre le prêtre à parler, mais nous ne donnons pas à la police les moyens d’entendre ceux qui parlent déjà. L’indignation est sélective. Elle vise une institution que l’on peut attaquer sans risque, pendant que les défaillances de l’État restent dans l’ombre.

On veut forcer la main de l’Église, mais l’administration laisse dormir des milliers de signalements dans ses tiroirs.

Le secret de la confession n’est pas un caprice clerical. C’est un principe qui, dans le droit canonique, engage le prêtre sous peine d’excommunication. Le violer, pour un catholique, c’est se damner. Nous pouvons ne pas partager cette croyance, mais nous devons la respecter dans un État de droit qui garantit la liberté de culte. La question n’est pas de savoir si la protection des enfants justifie de lever ce secret — elle le justifie dans l’absolu. La question est de savoir pourquoi l’État, incapable de traiter les signalements qu’il reçoit déjà, choisit de s’attaquer à une institution qui n’est pas la sienne plutôt que de réformer la sienne.

Que changera une loi de plus ? Les prêtres qui violent déjà la loi ne seront pas arrêtés par une obligation supplémentaire. Ceux qui respectent leur engagement religieux ne trahiront pas leur foi parce qu’un texte le leur ordonne. La loi ne peut pas tout. Croire qu’une obligation de dénonciation réglera le problème, c’est faire preuve d’une naïveté que nous ne pouvons pas nous permettre quand il s’agit de vies d’enfants.

Ajouter une obligation à celles qui existent déjà sans les faire respecter, ce n’est pas protéger les enfants : c’est faire semblant d’agir.

Ce débat en cache un autre. Il révèle une conception de la laïcité qui n’est plus la neutralité bienveillante de la République envers les cultes, mais une défiance croissante. Comme si l’Église était un ennemi qu’il faudrait contraindre plutôt qu’un partenaire avec lequel dialoguer. Briser le secret de la confession, c’est ouvrir une brèche dans laquelle d’autres secrets professionnels pourraient disparaître à leur tour — le secret médical, le secret de l’avocat, le secret du journaliste. Sommes-nous prêts à assumer ces conséquences ?

Protéger les enfants ne passe pas par une loi de circonstance qui vise une cible facile. Cela passe par des moyens concrets donnés à ceux qui sont en première ligne — enquêteurs, juges, éducateurs. Et cela passe par le courage de regarder en face nos propres défaillances avant d’exiger des comptes aux autres.

***Les journalistes d’EnAlerte.fr utilisent un nom d’emprunt et une image générée par IA pour préserver leur confidentialité et garantir leur liberté d’expression.***
Doron Parker
Doron Parker
Doron Parker, 53 ans, vit à Lyon et occupe un poste à responsabilités dans une grande entreprise industrielle. Malgré un emploi du temps chargé, il a fondé EnAlerte.fr pour offrir une plateforme citoyenne où les idées et les opinions peuvent s’exprimer sans crainte de la doxa dominante.

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