2027, la foire d’empoigne présidentielle

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À force de tirer chacun de son côté, la classe politique française a réussi l’exploit de transformer l’élection présidentielle en une mêlée générale où plus personne ne sait qui combat qui, ni pour quoi. Les candidatures fleurissent comme des champignons après la pluie, et chacune prétend incarner la seule et unique solution aux maux du pays. Pendant ce temps, la France attend. Elle attend qu’on lui propose un cap, une direction, une idée. Elle attend, et on lui offre un spectacle.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Un spectacle où les egos s’affrontent, où les alliances se font et se défont au gré des calculs, où le fond des programmes passe après la formule qui claque et le tweet qui fâche. La présidentielle n’est plus l’élection du meilleur projet pour la nation. Elle est devenue le dernier épisode d’une série dont les Français sont les spectateurs résignés.

Regardez-les, ces prétendants. Ils sont légion. Chaque camp produit son champion, chaque chapelle son candidat. À droite, on se déchire entre héritiers et rénovateurs. À gauche, on s’entre-déchire tout court. Au centre, on essaie de survivre. Quant aux extrêmes, ils prospèrent sur le terreau du mécontentement.

Le paradoxe est saisissant. Jamais le pays n’a eu autant besoin d’unité, de clarté, de volonté. Il fait face à des défis qui exigeraient une mobilisation de tous les instants : la dette qui explose, l’école qui s’effondre, l’hôpital qui étouffe, l’autorité qui se délite, les frontières qui s’effacent, l’identité qui vacille. Et que trouve-t-on en réponse ? Une cacophonie.

« Jamais le pays n’a eu autant besoin d’unité. Jamais il n’a reçu en retour autant de division. »

Le pire est que cette cacophonie a une logique. Chaque candidat joue sa propre partition, sans se soucier de l’harmonie d’ensemble. Les primaires sont des concours de radicalité où le plus extrême l’emporte. Les programmes sont des catalogues de promesses sans chiffrage ni priorité.

Où sont passés les hommes d’État ? Ceux qui savaient que gouverner, c’est choisir, et que choisir, c’est renoncer ? Ils ont été remplacés par des communicants, des virtuoses de la formule, dont la seule boussole est le sondage du lendemain.

Nous assistons à la fin d’un cycle. Celui des partis de masse, des idéologies structurées, des projets cohérents. Le vide laissé par leur effondrement est comblé par des ego surdimensionnés. Le résultat est une compétition sans règle ni arbitre.

« Le peuple n’est plus le souverain. Il est devenu le public d’une émission dont il ne maîtrise ni le scénario ni le casting. »

Alors oui, il y aura une élection. Un président sera élu. Mais il héritera d’un pays fracturé, d’une société qui doute d’elle-même, d’une nation qui ne sait plus très bien ce qui la rassemble. Pourra-t-il rassembler ce que le système politique a passé des années à disloquer ? Nous avons le droit d’en douter. Les candidats sont nombreux, les idées sont rares, les convictions sont fragiles. Et le temps presse.

***Les journalistes d’EnAlerte.fr utilisent un nom d’emprunt et une image générée par IA pour préserver leur confidentialité et garantir leur liberté d’expression.***
Lucien Gregoire
Lucien Gregoire
Artisan ébéniste à Toulouse, Lucien Grégoire, 45 ans, sculpte le bois avec passion, mais aussi les idées avec impertinence. Avec EnAlerte.fr, il se fait le porte-voix d’une critique sociale acérée, où le sarcasme devient une arme pour mettre en lumière les vérités que l’on préfère ignorer.

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