Le silence des institutions face à la détresse

Date:

L’affaire Lyhanna a ceci de glaçant qu’elle n’est pas un cas isolé. C’est un symptôme. Une jeune collégienne victime de violences, une plainte déposée, une procédure qui traîne, des signaux d’alerte ignorés, et au bout du compte, une institution qui reconnaît ses fautes après qu’il est trop tard. Combien de fois faudra-t-il répéter le même scénario ?

Le 8 juin, le nom de Lyhanna s’est invité dans le débat public comme un rappel douloureux. Derrière ce prénom, il y a le visage d’une enfant que la République n’a pas su protéger. Il y a des parents qui ont alerté, des signalements qui ont été faits, des procédures qui ont été enclenchées. Et pourtant, rien n’a été évité.

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la gravité des faits. C’est l’impuissance apparente d’un système qui cumule les garde-fous. Des juges, des travailleurs sociaux, des enseignants, des policiers. Tous ont croisé le chemin de cette enfant. Tous ont noté des anomalies. Aucun n’a pu empêcher le drame.

« La République a multiplié les dispositifs de protection. Elle a oublié de s’assurer qu’ils fonctionnent. »

On nous explique que le parquet a ouvert une enquête, que l’inspection générale a été saisie. C’est bien. Mais le problème n’est pas dans l’absence de règles, il est dans leur application. Les textes existent, les protocoles sont écrits. Ce qui manque, c’est la coordination entre les acteurs, la transmission effective des informations, la capacité à agir vite.

Chaque institution fonctionne en silo. La justice enquête, l’éducation signale, les services sociaux suivent — mais personne ne regarde le tableau d’ensemble. Personne ne relie les signaux faibles entre eux. Et l’enfant passe entre les mailles du filet.

« Notre justice protège si bien les droits de l’accusé qu’elle en oublie parfois ceux de la victime. »

Des magistrats le disent eux-mêmes : ils croulent sous les dossiers, manquent de temps, manquent de moyens. Un juge des enfants peut avoir plusieurs centaines de dossiers à suivre. Comment pourrait-il accorder à chaque situation l’attention qu’elle mérite ?

La réponse est simple : il ne le peut pas. On demande toujours plus à la justice, à l’éducation, aux services sociaux, mais on ne leur donne jamais les moyens. Alors on continue. On empile les réformes. On promet que cela ne se reproduira plus. Jusqu’au prochain drame. Lyhanna aurait dû être protégée. Que son histoire au moins serve à cela : que plus jamais une enfant ne tombe dans les silences de nos institutions.

***Les journalistes d’EnAlerte.fr utilisent un nom d’emprunt et une image générée par IA pour préserver leur confidentialité et garantir leur liberté d’expression.***
Claire Dubois
Claire Dubois
Enseignante en Normandie et mère de deux enfants, Claire Dubois, 39 ans, a rejoint EnAlerte.fr pour défendre les valeurs qui lui sont chères. Entre ses élèves et son engagement associatif, elle trouve le temps d’écrire pour appeler à une société plus lucide, respectueuse de ses racines et soucieuse de l’avenir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Recevoir nos actualités

spot_img

Les plus lus

Ces articles pourraient aussi vous intéresser
Related

Règle d’or budgétaire, le courage qu’il nous manque

La règle d'or budgétaire obligerait l'État à équilibrer ses comptes. Son adoption exigerait un courage qui manque à la classe politique.

Salaire dévoilé, liberté envolée ?

La directive européenne sur la transparence salariale entend imposer aux entreprises de tout révéler. Sous couvert d'égalitarisme vertueux, la Commission invente un nouveau despotisme bureaucratique.

Institutions : l’impuissance organisée

Le législateur produit depuis des décennies un droit contradictoire. Avant de réformer encore, il faudrait accepter de simplifier.

Versailles : le pouvoir en costume d’apparat

Derrière le faste des réceptions à Versailles, c est la question de l autorité réelle du pouvoir qui se pose.