Le 18 juin, Agnès Verdier-Molinié plaidait pour une règle d’or budgétaire. Derrière cette expression technique se cache un enjeu politique majeur : comment contraindre l’État à vivre selon ses moyens ?
La situation est connue. La France accumule les déficits depuis des décennies. Chaque année, l’État emprunte plus qu’il ne rembourse. Les crises successives ont servi d’alibi à une dérive que rien ne semble pouvoir endiguer.
Une règle d’or budgétaire, c’est un mécanisme qui impose à l’État de ne pas dépenser plus qu’il ne gagne. L’Allemagne l’a adoptée, la Suisse la pratique. Résultat : une dette maîtrisée, des comptes équilibrés.
« Une règle d’or, c’est un mécanisme qui impose à l’État de ne pas dépenser plus qu’il ne gagne. »
Les opposants avancent que cela empêcherait l’État d’investir. C’est oublier que la règle d’or distingue les dépenses de fonctionnement des dépenses d’investissement. Ce qui manque à la France, ce n’est pas une capacité d’investissement, mais une discipline de gestion.
Au-delà de la technique, c’est une question de crédibilité. Les marchés financiers pourraient perdre confiance. Le précédent grec a montré ce qui se produit quand un État n’est plus considéré comme solvable.
« À force de repousser les réformes, nous prenons le risque de les subir dans l’urgence, dans les pires conditions. »
La vérité est que la règle d’or n’est pas un problème technique. C’est un problème politique. L’adopter, c’est accepter de se lier les mains. Les Français le savent : dans leur vie quotidienne, ils doivent faire des choix. Ils acceptent mal que l’État ne s’applique pas à lui-même les mêmes règles. Le temps des choix est venu.
